Château du Rivau — Lémeré, France Stanza / Audioguide
Lémeré, France
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Château du Rivau Audioguide

Un lieu à découvrir. Une histoire à emporter.

Le Château du Rivau est un château situé dans le village de Lémeré, en France. Il est mentionné dans le livre de Rabelais Gargantua comme une récompense offerte au capitaine Tolmere pour ses victoires lors…

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À propos de la visite

Un guide. Votre façon de visiter.

Le Château du Rivau est un château situé dans le village de Lémeré, en France. Il est mentionné dans le livre de Rabelais Gargantua comme une récompense offerte au capitaine Tolmere pour ses victoires lors des guerres picrocholines.

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Audioguide / 13 arrêts narrés

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Découvrez quelques histoires avant votre visite. Ouvrez une étape pour en savoir plus.

01La cour des communsThe Renaissance Stables and Outer CourtyardLa cour des communs

Bienvenue au Château du Rivau, à Lémeré dans la campagne tourangelle. D'ici, tout le domaine se déploie comme sur une carte. Un château fort, des cours entourées de murs, de longs bâtiments agricoles appelés la cour des communs, et des jardins s'étendant vers les champs. Une réputation a bâti tout cela : les chevaux. Le Rivau était renommé pour les chevaux de guerre qui y étaient élevés. En 1429, en pleine guerre de Cent Ans, une jeune femme est arrivée ici avec ses compagnons. Jeanne d'Arc connaissait la réputation du domaine pour ses équipages et ses destriers. Elle est venue y chercher des chevaux de guerre, puis est repartie vers le siège d'Orléans. L'élevage avait lieu là où se dresse aujourd'hui la cour des communs, les longs bâtiments que vous voyez ici. Ainsi, les toits bas et les cours en contrebas ne sont pas seulement des bâtiments agricoles. Ils constituent le cœur battant d'une histoire qui a commencé avec la cavalerie. À partir d'ici, la visite suit les chevaux, la forteresse, les familles et, enfin, les jardins.

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Aperçu — arrêt 1 sur 13

Photo: Carolai · CC BY-SA 3.0

02Écuries monumentales de la RenaissanceThe Renaissance Stables and Outer CourtyardÉcuries monumentales de la Renaissance

Ces longs bâtiments en pierre furent autrefois une révolution : des écuries conçues par un architecte. Jusqu'au Rivau, les écuries des châteaux étaient purement fonctionnelles, sans aucun ornement. Ici, pour la première fois dans l'histoire de l'architecture équestre, un spécialiste a dessiné les plans et développé un style précurseur. L'histoire appartient à la famille de Beauvau. François de Beauvau, premier écuyer du Roi et capitaine de François Ier, a prévu des écuries monumentales de la Renaissance sur le site des anciennes écuries de la guerre de Cent Ans, probablement en bois à l'origine. Il ne les vit jamais terminées. Il mourut en 1524 à la bataille de Romagne, en combattant aux côtés du célèbre chevalier Bayard. Son héritier, Gabriel de Beauvau, reprit le projet vers 1550. Il choisit un style nouveau et audacieux, influencé par les bâtiments que les seigneurs français avaient découverts lors des campagnes du Roi en Italie. Les écuries forment un L, abritant environ trente chevaux au rez-de-chaussée, probablement des juments d'un côté et des étalons de l'autre. À l'étage, accessible par un escalier intégré dans les murs, les palefreniers dormaient près du foin entreposé. Les étalons qu'ils fournissaient étaient destinés au Roi, et les bâtiments devinrent les écuries royales d'Henri III. Un expert moderne, Pascal Liévaux, qualifie le Rivau de plus bel exemple de l'évolution des bâtiments équestres en France.

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Aperçu — arrêt 2 sur 13
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Esther Westerveld · CC BY 2.0

03La forteresse et son pont-levisThe Moat and Drawbridge EntranceLa forteresse et son pont-levis

Les premières fondations remontent ici au XIIIe siècle, à l'époque où le Rivau était une maison forte. De cette construction primitive subsiste le quadrilatère : quatre murs avec des tours rondes aux angles, la forme visible sur cette façade. Le château fut reconstruit au XVe siècle et conserva son allure militaire. Un donjon carré s'élève au-dessus de l'entrée. Des douves sèches s'enfoncent au pied des murs. Un chemin de ronde crénelé court le long du sommet, là où les défenseurs patrouillaient autrefois. Et les douves sont franchies par un pont-levis médiéval qui fonctionne encore, ses chaînes et ses bois bougeant comme il y a cinq siècles. Pourtant, le Rivau n'a jamais été purement une machine de guerre. Il est compté parmi les premiers châteaux d'agrément, construits pour impressionner autant que pour défendre. Le pouvoir et l'apparat, dans la même pierre.

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Photo: Manfred Heyde · CC BY-SA 3.0

04Le donjon et l'escalier des gardesThe Moat and Drawbridge EntranceLe donjon et l'escalier des gardes

Le donjon carré était le cœur de la fortification du château, le point fort que tout le reste protégeait. Cette tour d'entrée située en dessous montre encore les rainures par lesquelles passaient autrefois les chaînes du pont-levis. En passant sous le donjon, le chemin mène à un escalier à vis qui serpente à l'intérieur de la tour. La pierre de cet escalier porte de nombreuses gravures du XVe siècle, laissées là pour être déchiffrées. Les gardes en faction les ont griffonnées dans le tuffeau tendre au fil des heures. Des noms, des marques, des messages entaillés au couteau, attendant depuis cinq cents ans que quelqu'un les lise à nouveau. C'est une chose rare, l'extérieur dur d'une forteresse avec, à l'intérieur, l'écriture des hommes qui l'occupaient.

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Photo: Carolai · CC BY-SA 3.0

05De la ruine à la restaurationThe Moat and Drawbridge EntranceDe la ruine à la restauration

Au vingtième siècle, le Château du Rivau menaçait ruine. Le sauvetage a nécessité plusieurs interventions sur un siècle. En 1911, les communs ont été vendus à l'agriculteur qui cultivait les terres, et un mur a été érigé entre eux et le château. En 1918, le propriétaire, le sculpteur Alphonse de Moncel de Perrin, qui avait travaillé à l'ornementation du Petit-Palais à Paris, a réussi à faire classer le Château du Rivau parmi les monuments historiques. Plus tard, à partir de 1961, le peintre et affichiste Pierre-Laurent Brenot a possédé le château et y a vécu pendant trois décennies. Puis, en décembre 1992, Éric et Patricia Laigneau ont acheté le domaine. Le château était en mauvais état, et ils ont commencé à le restaurer immédiatement, ainsi que les communs et les jardins. En 2000, le Château du Rivau a ouvert ses portes au public pour la première fois de sa vie moderne.

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Photo: Bo35bo35 · CC BY 4.0

06Fenêtres Renaissance de la façade ouestThe Inner Courtyard and Castle DoorwaysFenêtres Renaissance de la façade ouest

La maçonnerie de cette façade sur cour témoigne d'un changement de perspective. Au seizième siècle, le bâtiment qui fermait le quadrilatère du château fut entièrement abattu. Dans le même temps, les étroites fenêtres gothiques de la façade ouest furent agrandies et ornées de sculptures. Les hautes ouvertures aux cadres sculptés en sont le résultat visible. Une forteresse s'ouvrant délibérément à la lumière, à l'air et au confort. Le Rivau devint ce que l'on appelle un château d'agrément, un château construit pour une vie plaisante plutôt que pour le combat. Les murs extérieurs et les tours subsistèrent, mais la vie à l'intérieur avait évolué. L'avant-cour, la cour des communs, gagna son propre prestige à la même époque, avec l'édification des grandes écuries à proximité. La défense à l'extérieur, l'élégance à l'intérieur : telle est la signature de la Renaissance sur cette pierre.

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Photo: Bo35bo35 · CC BY 4.0

07Portail gothiqueThe Inner Courtyard and Castle DoorwaysPortail gothique

Ce portail gothique sculpté ouvre sur l'un des départs les plus étranges de l'histoire du château. Jacques de Beauvau, né en 1627, était maréchal des camps et armées de Louis XIV. Il quitta le Rivau pour la cour du Roi-Soleil et, en 1664, il fit ériger le domaine en marquisat. Mais la vie à la cour le ruina. Il emprunta quatre-vingt mille livres à la veuve d'un conseiller royal, Marie Damond, et ne put rembourser sa dette. En 1697, il dut céder les terres du Rivau. Avant de remettre les clés du château, il le dépouilla. Chaque porte et chaque fenêtre fut retirée des murs, et il les cacha chez le curé de Lémeré, le prêtre du village. Un château laissé vide, ses ouvertures entreposées dans la maison d'un prêtre. Quoi que ce portail ait vu depuis, c'est cette histoire de rancœur et de portes qu'il porte en lui.

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Photo: Manfred Heyde · CC BY-SA 3.0

08Blason des BeauvauThe Inner Courtyard and Castle DoorwaysBlason des Beauvau

Au-dessus du portail, le fronton sculpté porte les armes de la famille de Beauvau. Observez les détails : un cimier en forme de tête de sanglier, clin d'œil à leur passion pour la chasse. Au centre, quatre lions couronnés. De chaque côté, deux hommes sauvages de l'imaginaire médiéval, chacun tenant une massue. Leur cri de guerre court en dessous : « Beauvau sans départir », Beauvau sans faiblir. La famille servit les rois de France dès le treizième siècle, apparentée aux comtes d'Anjou. Ils bénéficiaient d'un privilège rare lors des actes d'hommage : ils rendaient hommage à leur suzerain debout, l'épée au côté, le chapeau sur la tête. En 1454, Isabeau de Beauvau épousa Jean de Bourbon, liant la famille au sang royal. Des siècles plus tard, ce réseau d'alliances sauva les murs mêmes de ce château. À partir de 1631, le cardinal de Richelieu démantela tous les châteaux autour de sa nouvelle ville, située à dix kilomètres, pour en réutiliser la pierre. Le Rivau fut le seul à être épargné, car sa sœur Françoise était mariée à Jean de Beauvau, le seigneur des lieux. La famille conserva le domaine pendant deux cent quarante-sept ans.

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Photo: Bo35bo35 · CC BY 4.0

09Potager de GargantuaGargantua's Vegetable GardenPotager de Gargantua

Rabelais, qui a grandi dans cette région, a intégré le Rivau dans l'un de ses livres les plus célèbres. Dans Gargantua, publié en 1534, le géant récompense son capitaine Tolmère pour ses victoires dans la guerre picrocholine. Après un festin magnifique, il distribue des châteaux à ses hommes comme des cadeaux lors d'un banquet. À Ponocrate, La Roche-Clermaud. À Ithybole, Montsoreau. Et au milieu de la liste : Le Rivau, à Tolmère. Il s'agit d'une fiction, la générosité d'un géant dans une épopée comique, mais Rabelais a choisi un lieu bien réel qu'il connaissait. Cinq siècles plus tard, les propriétaires actuels ont offert une suite à cette histoire en créant un jardin. Patricia Laigneau a créé le Potager de Gargantua au cœur de la cour des communs, conçu comme un festin pantagruélique, un repas aux proportions de géant. Les planches de citrouilles et de légumes qui remplissent cette vue constituent ce festin, planté là où se trouvaient autrefois les cours de ferme du château.

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Photo: Aliasse16 · CC BY-SA 4.0

10Conservatoire du potagerGargantua's Vegetable GardenConservatoire du potager

Les planches ici cultivent des légumes d'une ambition pantagruélique. Le demi-cercle du Potager de Gargantua est planté sur un plessis, une planche surélevée de châtaignier tressé. Cette technique remonte au Moyen Âge, lorsque les jardiniers surélevaient leurs planches pour les protéger des dégâts causés par la faune. La collection de courges compte plus de quarante-trois variétés, faisant du Rivau le conservatoire du potager de la région Centre. Certaines portent des noms en accord avec l'esprit du jardin : les citrouilles Gargantua, les Turbans d'Aladin avec leurs turbans, les Galeux d'Eysines bosselés. On y trouve des choux de nombreuses sortes, toscans, rouges, frisés. Et les artichauts, dit-on, tiennent lieu de chandeliers, rapportés d'Italie par Rabelais lui-même. Au-dessus, les crinolines de vigne ombragent les allées. Chaque arceau abrite une ancienne variété de vigne régionale, des vignes disparues de la campagne après l'attaque du phylloxéra, tuteurées et palissées comme Olivier de Serres les décrivait à la Renaissance.

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Photo: Bo35bo35 · CC BY 4.0

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Château du Rivau

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