Stanza · Audioguide
Église de la Sainte-Trinité Audioguide
Un lieu à découvrir. Une histoire à emporter.
L'Église de la Sainte-Trinité est une église catholique romaine située dans le 9e arrondissement de Paris. Construite entre 1861 et 1867, elle présente un style néo-renaissance orné et un beffroi de 65 mètres…
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À propos de la visite
Un guide. Votre façon de visiter.
L'Église de la Sainte-Trinité est une église catholique romaine située dans le 9e arrondissement de Paris. Construite entre 1861 et 1867, elle présente un style néo-renaissance orné et un beffroi de 65 mètres de haut.
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Audioguide / 10 arrêts narrés
Dans cet audioguide
Découvrez quelques histoires avant votre visite. Ouvrez une étape pour en savoir plus.
01
Square d'Estienne d'Orves and the Theological Virtues FountainsL'église et son square
Bienvenue à l'église de la Sainte-Trinité, une église paroissiale du Second Empire située dans le neuvième arrondissement de Paris. Son histoire commence par un problème : trop de paroissiens et nulle part où les accueillir. La première église de la paroisse est construite en 1850 rue de Calais, alors en dehors des limites de la ville. Elle est trop petite pour la population croissante et trop éloignée du centre de la paroisse. Une seconde église suit en 1852 rue de Clichy, et elle s'avère également trop petite. Le curé de la paroisse, l'abbé Modelonde, en appelle donc directement à l'empereur, Napoléon III. L'empereur et son préfet, le baron Haussmann, sont alors en train de refaçonner Paris avec de nouveaux boulevards, des squares et des monuments. Ils viennent tout juste d'intégrer le quartier aisé de la Chaussée d'Antin aux limites de la ville, qui a besoin de son propre monument. Le site choisi se trouve au début de la pente de Montmartre, l'église est donc surélevée sur un remblai, avec un petit square aménagé devant elle. En 1878, le photographe Charles Marville immortalise ce nouveau square et sa terrasse, environ une décennie après l'achèvement de l'église. Les lanternes en pierre et les larges escaliers visibles sur sa photographie faisaient partie du projet dès le départ : une approche digne et surélevée de l'église paroissiale.
Charles Marville · Public domain
02
Square d'Estienne d'Orves and the Theological Virtues FountainsStatue de la Charité de Francisque-Joseph Duret
Parmi les fontaines du square se dresse une mère sculptée, ses enfants rassemblés contre elle. Il s'agit de la Charité, une figure réalisée par le sculpteur Francisque-Joseph Duret en 1867. Le square a été conçu avec trois fontaines, chacune dotée d'un triple bassin et surmontée d'une statue représentant l'une des trois vertus théologales : la Foi, la Charité et l'Espérance. Duret et son collègue sculpteur Lequesne se sont réparti les figures. L'eau, la pierre et la sculpture ont été conçues ensemble comme une décoration unique pour l'approche de l'église. Même la plomberie a bénéficié d'ornements, avec des becs en bronze alimentant les bassins sous la statue. C'est une petite chose à côté de l'église qui la domine, mais elle témoigne de l'ambition de l'ensemble : rien ici n'a été laissé au hasard.
Charles Marville · Public domain
03
Main Façade and the 65-Meter BelfryFaçade principale et perspective haussmannienne
Théodore Ballu, architecte en chef de Paris pour les édifices religieux, a conçu cette église pour clore une perspective. Elle se dresse à l'extrémité de la perspective ouverte par la rue de la Chaussée-d'Antin, et a été conçue pour être vue depuis l'Opéra de Paris. Les travaux ont commencé en 1861 et ont été en grande partie terminés en 1867. Le baron Haussmann a estimé le coût à 3,2 millions de francs, et l'église est passée pour économique malgré sa décoration somptueuse. Le style est néo-Renaissance éclectique, mêlant des éléments de la Renaissance française et italienne de la manière imaginative prisée sous le règne de Napoléon III : des niches profondes semblables à celles de Saint-Jean-de-Latran à Rome, des frontons et des pilastres. Les niches abritent des statues réalisées par d'éminents sculpteurs parisiens, pour la plupart lauréats du prix de Rome. Un groupe représente les docteurs de l'Église la défendant contre les hérésies, un autre montre des saints. Le long de la façade se dressent les quatre vertus cardinales. La Force porte une épée ; la Tempérance est l'œuvre de Jean-Baptiste Carpeaux, qui allait bientôt sculpter pour l'Opéra lui-même.
Écouter dans l'appPhoto: ZeusUpsistos · CC BY-SA 4.0
04
Main Façade and the 65-Meter BelfryLe beffroi de 65 mètres et l'horloge jumelle de Notre-Dame
La tour, ce beffroi de 65 mètres, s'élève jusqu'à cette hauteur, et pendant longtemps, ce fut l'édifice le plus haut du quartier. Une base carrée s'élève en une tour octogonale couronnée par un dôme, à la manière de la Renaissance française. Deux tours plus petites à dôme aux angles de la façade l'équilibrent, conférant à toute la façade sa symétrie. La tour garde un secret qui n'a été révélé qu'en mai 2019, lors d'un inventaire. Les horloges de l'église se sont avérées construites sur le même mécanisme que l'horloge de la cathédrale Notre-Dame. Toutes deux provenaient des mêmes ateliers, Collin-Wagner, la même année, 1867. La seule différence résidait dans la taille : les horloges de la Trinité sont les plus petites. Quelques semaines plus tôt, le 15 avril 2019, l'incendie de Notre-Dame avait détruit son horloge. L'étude minutieuse des horloges ici présentes pourrait servir de référence pour une éventuelle reconstruction du garde-temps perdu de Notre-Dame, à l'identique. Les deux cadrans aux faces dorées indiquent toujours l'heure dans la tour.
Écouter dans l'appJean-Nicolas 92 · CC BY-SA 3.0
05
The Grand Nave and Second Empire EclecticismLa nef : charpente métallique, lumière et hôpital de siège
La nef est une salle d'environ 90 mètres de long sur 34 mètres de large, avec un plafond haut de 30 mètres. Ce qui rend cet espace ouvert possible est dissimulé : l'église est construite sur une charpente métallique, une astuce d'ingénierie moderne revêtue de pierre Renaissance. La lumière se déverse par les fenêtres supérieures, composées principalement de verre décoratif blanc avec un minimum de couleur. Cette blancheur met en valeur les peintures polychromes qui recouvrent le niveau supérieur des murs et des voûtes. Le niveau inférieur est constitué de colonnes et de piliers blancs, et chaque pilier porte deux statues d'apôtres, différenciées par leurs attributs. Puis vint l'hiver 1870-1871, lorsque les armées prussiennes encerclèrent Paris et que la ville fut assiégée. L'église devint un hôpital, car c'était l'un des rares grands bâtiments parisiens dotés d'un système de chauffage fonctionnel. Un gros poêle fut installé dans la nef pour apporter un supplément de chaleur, et sa fumée noircit le plafond. Les chapelles furent vidées et transformées en pharmacie, lingerie, blanchisserie et réserves.
Écouter dans l'appPhoto: ZeusUpsistos · CC BY-SA 4.0
06
The Cavaillé-Coll Organ Loft and Imperial TribuneLe grand orgue Cavaillé-Coll et Olivier Messiaen
Aristide Cavaillé-Coll, le plus grand facteur d’orgues français du siècle, a construit ce grand orgue en 1869. Il a survécu de justesse à sa première décennie. Durant la Commune de Paris, l’instrument a été gravement endommagé et, en 1871, la même maison l’a entièrement reconstruit. Alexandre Guilmant a été nommé organiste titulaire après la reconstruction et a occupé ce poste jusqu’en 1901, interprétant ici la plupart de ses propres œuvres. Plus tard, l’orgue a été remanié maintes et maintes fois, par Merklin en 1901 puis par d’autres maisons, signe de l’usage intensif qui en était fait. En 1931, le poste a été confié à un compositeur de vingt-trois ans nommé Olivier Messiaen. Il l’a conservé pendant soixante et un ans, jusqu’à sa mort en 1992. Dimanche après dimanche, il improvisait sur ces claviers et des auditeurs venaient du monde entier pour l’écouter. Nombre de ses œuvres les plus importantes ont été écrites pour cet instrument, dans cette tribune, sous les voûtes peintes.
Écouter dans l'appPhoto: Cmcmcm1 · CC BY-SA 4.0
07
The Cavaillé-Coll Organ Loft and Imperial TribuneLa tribune impériale sous la tribune de l'orgue
Au deuxième niveau de la nef, au-dessus de l’entrée, s’ouvre un balcon central décoré. Il fut construit pour un seul homme : l’empereur Napoléon III, qui était censé y entendre la messe. Il ne l’a jamais utilisé. L’Empire est tombé en 1870, avec la guerre contre la Prusse, et le balcon a été laissé aux pigeons et à la peinture. Au-dessus s’étire un arc de triomphe peint par Jobbé-Duval représentant une scène de l’Apocalypse de saint Jean, le Christ et l’Agneau pascal. Les liens de l’église avec la musique étaient profonds dès ses premières années. Les funérailles de Gioachino Rossini ont eu lieu ici en novembre 1868. Quatre mois plus tard, en mars 1869, ont suivi les funérailles d’Hector Berlioz. Et en 1875, l’église a accueilli les obsèques de Georges Bizet, le compositeur de Carmen, mort à trente-six ans.
Écouter dans l'appPhoto: Mbzt · CC BY-SA 3.0
08
Elevated Choir Sanctuary and Ten Commandments ColumnsLe sanctuaire surélevé et les colonnes des Dix Commandements
Le chœur s’élève de dix marches au-dessus du sol de la nef. Ce n’était pas pour le cérémonial : le sol sous l’église est en pente vers Montmartre, et les constructeurs ont transformé un site complexe en mise en scène. Cette élévation place l’autel bien au-dessus des fidèles, encadré sous la voûte peinte. L’immense maître-autel est l’œuvre de Puissielgue-Rusand, qui a également réalisé l’autel de Saint-François-Xavier de l’autre côté de la ville. Autour de lui se dressent dix colonnes, une pour chacun des Dix Commandements, de sorte que la loi donnée à Moïse enferme littéralement le lieu de culte. Sur un haut piédestal devant l’autel s’élève un crucifix plus moderne, réalisé en 1992 par le sculpteur Philippe Kaeppelin. Plus d’un siècle d’art religieux, en un seul coup d’œil.
Écouter dans l'appDiego Delso · CC BY-SA 4.0
09
Apse Chapel of the Virgin and Stained GlassLa chapelle de la Vierge et ses vitraux
Derrière le maître-autel, après avoir contourné le chœur, se trouve la plus grande chapelle de l’église. La chapelle de la Vierge occupe la position traditionnelle de l’abside, face au soleil levant, et elle capte la lumière dès les premières heures de la journée. Les vitraux ont été commandés en 1864 à trois maîtres verriers : Eugène Oudinot, Auguste Leloir et Paul Nicod. Les verrières hautes, signées Oudinot et Leloir, représentent des scènes de la vie de la Vierge, tirées de la Bible et de la tradition de l’Église, avec Joseph apparaissant dans les parties hautes. Les vitraux bas derrière l’autel suivent une tout autre voie : ils sont abstraits et pleins de couleurs, œuvre de Nicod. Ensemble, ils forment les vitraux les plus remarquables de la collection de verrières du XIXe siècle que possède l’église. Au-dessus de l’autel, une arcade porte une peinture monumentale de la Sainte Trinité, Dieu le Père enveloppant de son manteau le Christ et le Saint-Esprit.
Écouter dans l'appDiego Delso · CC BY-SA 4.0
10
Perimeter Chapels and 19th-Century Academic MuralsPeinture murale d'une chapelle latérale par Jean-Jules-Antoine Lecomte du Nouÿ
De petites chapelles bordent les deux côtés de la nef et du chœur, et chacune est un tableau encadré dans la pierre. La décoration a été confiée aux principaux peintres académiques français de l’époque, formés pour la plupart à l’Académie de France à Rome. Dans la chapelle de Saint-Vincent-de-Paul, Jean-Jules-Antoine Lecomte du Nouÿ a peint le saint dans sa soutane bleue, debout devant une table et distribuant du pain aux habitants de Lorraine, dévastés par la guerre. La banderole en haut du tableau porte l’année 1637. Dans une autre chapelle, Désiré François Laugée a peint la mort de Saint Denis. Ces peintres et leurs collègues ont ensuite décoré nombre des nouvelles églises construites par Paris au XIXe siècle. C’était là tout l’intérêt de l’entreprise : le Paris de Napoléon III n’a pas seulement construit une église, il a commandé ensemble l’architecture, la sculpture, la peinture et le vitrail, comme une seule œuvre. Rares sont les édifices qui témoignent aussi parfaitement de la manière dont ce régime a fusionné foi, urbanisme et art d’État que l’Église de la Sainte-Trinité.
Écouter dans l'appJean Lecomte du Nouÿ · Public domain
Église de la Sainte-Trinité
Questions fréquentes
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